la dualité de Jérusalem
Cette série s'est développée autour d'une simple observation, que tout visiteur à Jérusalem se fait immanquablement: la ville de Jérusalem est tiraillée entre son statut politique complexe et controversé d'une part et son rôle de ville sainte pleinement reconnue d'autre part.
Il est avancé que la « raison d'être » de la ville de Jérusalem est sa sainteté. Ne serait-ce pas pour sa sainteté, la ville de Jérusalem aurait-elle jamais été érigée, sans parler du prestige qui l'entoure?
Jérusalem est considérée comme une ville sainte par les 3 religions abrahamiques. Selon les écrits sacrés et les traditions, certains des événements fondamentaux de chacune des trois religions monothéistes ont eu lieu à Jérusalem, impliquant les figures les plus en vue de ces trois religions. Les sites les plus sacrés du judaïsme et du christianisme se trouvent à Jérusalem, alors que pour l'islam sunnite, Jérusalem est la troisième ville sainte, après La Mecque et Médine. 12% des 1 km2 de superficie de la vieille ville de Jérusalem, pourtant surpeuplée, sont occupés par des lieux saints et des sanctuaires !
Pourtant, pendant une grande partie de son histoire, Jérusalem n'était rien de plus qu'une petite ville provinciale, gouvernée par de puissants mais lointains empires. La ville a été en grande partie négligée. Ce n'est qu'à partir du milieu du XIXe siècle que les puissances occidentales ont commencé à rivaliser pour une présence en Terre Sainte, principalement à travers des activités missionnaires et des institutions d'archéologie biblique. Pendant le même temps, le sionisme a progressivement conduit à la création de l'État d'Israël.
Au début, le sionisme ne prêtait que peu d'attention à Jérusalem, pour dire le moins. Ce n'est qu'à la suite des plans de partition et pendant la lutte pour l'indépendance que Jérusalem est devenue si centrale dans le narratif sioniste. Pourtant, elle a été adoptée comme capitale de l'État juif plusieurs mois après la déclaration de l'État.
La communauté internationale considère en grande partie que le statut juridique de Jérusalem découle du plan de partage adopté par les Nations Unies en 1947, c'est-à-dire un Corpus Separatum administré par les Nations Unies, et refuse donc de reconnaître la souveraineté israélienne sur la ville.
Depuis la fin de la guerre d'indépendance en 1949 et en partie en réaction à ce qui précède, de nombreux efforts ont été déployés sur le terrain par les autorités israéliennes et par les institutions juives/sionistes à travers le monde pour établir clairement et physiquement Jérusalem comme capitale de l'Etat juif.
pourtant, après la guerre d'indépendance, un cessez le feu est signé entre israël et la jordanie entraînant la division de la ville jusqu'en 1967. La Vieille ville historique (avec le Mont du Temple et le Mur Occidental) sont restés côté jordanien! …
L'avenir de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses et les plus complexes au cœur du conflit israélo-palestinien. Le statut final de Jérusalem et de ses lieux saints ne sera pas décidé uniquement entre Israéliens et Palestiniens : les implications dépassent de loin le cadre du conflit lui-même et le débat ne se limite pas à des questions géopolitiques.
Dans cette série, j'explore l'ampleur de cette dualité qui est sans aucun doute l'un des traits de Jérusalem. Je me concentre sur la ville elle-même, ses édifices, ses symboles, ses institutions, ses monuments et mémoriaux, son caractère sacré, autant d'expressions visuelles de cette dualité. Je me penche aussi sur les sites (religieux ou nationaux) qui sont progressivement devenus des lieux de "pèlerinage"...

























